N°42 - Septembre 2007






Parutions
Edition
Guy de Maupassant, Histoire d’une fille de ferme, Paris, France Loisirs, 2007, 257 p. (11,50 euros)

Ouvrages
- Charles-Armand Klein, Les Escales d’Azur de Guy de Maupassant, Saint-Rémy-de-Provence, Équinoxe éditions, Mémoires du Sud, mars 2007, 171 p. ill. (22 euros)
La couverture comporte la mention « biographie ».

- Albert Thibaudet, Réflexions sur la littérature, éd. Antoine Compagnon et Christophe Pradeau, préface Antoine Compagnon, Paris, Gallimard, Quarto, mai 2007, 1764 p. (35 euros)
Contient des réflexions sur Maupassant et son œuvre.

Articles
- Pierre Lepape, « Une vie, à Étretat », Le Magazine littéraire, n°466, juillet-août 2007, p.86-87.
Compte rendu de l’ouvrage de Philippe Bonnefis, Maupassant. Sur les galets (2007).

- Isabelle Nataf, « Un viager très convoité », Le Figaro, 5 septembre 2007.
Sur l’adaptation du « Petit Fût » par Claude Chabrol.


Evénements
« La Parure » et le surendettement sur Radio Suisse Romande
A propos d’un fait divers local évoquant le surendettement, Isabelle Rüf a consacré sa courte chronique littéraire du 5 septembre dernier au conte « La Parure ». L’émission L’Actu côté culture de 4,30 minutes environ peut être téléchargée (2,09 MO) et écoutée en podcast sur le site de la Radio Suisse Romande.
http://www.rsr.ch/podcast.aspx?rss=matinales
http://podcast.rsr.ch/medias/matinales/20070905-la-chronique-d-isabelle-ruf-du-5-septembre-2007.mp3

L’Ami Maupassant sur Paris Première
A l’occasion de la 5e édition de la Nuit du patrimoine, la Chaîne Paris Première diffusera samedi 15 septembre des séries cultes, notamment deux épisodes de L’Ami Maupassant. Les téléspectateurs pourront voir ou revoir L’Enfant à 20h55 et La Petite Roque à 22h. Cette émission sera rediffusée lundi 17 septembre à 14h45. Voir le site de la chaîne Paris Première et les fiches des téléfilms sur Maupassantiana en cliquant ci-dessus.
http://www.paris-premiere.fr/cms/display.jsp?id=p2_769864

Journées du patrimoine
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, le samedi 15 et le dimanche 16 septembre, le ministère de l’éducation nationale ouvre ses portes au public de 10 heures à 18 heures. Ce sera l’occasion de découvrir l’hôtel de Rochechouart, édifice du XVIIIe siècle, siège du ministère en charge de l’éducation depuis 1828, et son jardin attenant. Lors de la visite, le public pourra voir le grand salon du pur style Louis XVI et le bureau de Guy de Maupassant en 1878 où il écrivit, entre autres, « Boule de suif ».
Hôtel de Rochechouart
110 rue de Grenelle
75007 Paris
Consulter le site de l’éducation nationale :
http://www.education.gouv.fr/cid5541/presentation-des-metiers-du-patrimoine-au-ministere.html

Au bord du lit
Du 13 septembre au 20 décembre 2007, la compagnie Atelier Théâtre Frédéric Jacquot reprend Au bord du lit, pièce créée il y a quelques années déjà. « Cinq femmes au boudoir croquées avec tendresse et malice par un Guy de Maupassant drôle et méconnu ». Avec Claire-Marie Bellon, Frédéric Jacquot, Lina Veyrenc-Jacquot.
Atelier Théâtre Frédéric Jacquot
43 rue Mathurin Régnier
75015 Paris
Tarif : 21 euros
Consulter le site Théâtre on line :
http://www.theatreonline.com/guide/detail_piece.asp?i_Region=0&i_Programmation=19775&i_Genre=0&i_Origine=&i_Type=

Théâtre de l’Iris
La Compagnie de l’Iris sera en tournée dans des villages de Bourgogne et d’Auvergne avec sa pièce Les Tribunaux rustiques, mise en scène par Philippe Clément. Ce spectacle sur le monde paysan, peu présent dans les créations contemporaines, s’appuie sur les contes et nouvelles de Maupassant : « Les Sabots », « Boitelle », « Le Petit Fût », « Tribunaux rustiques », « Rosalie Prudent », « Le Trou », « Au bois », et sur des textes de Gaston Couté, chansonnier montmartrois (1880-1911). Avec Béatrice Avoine, Philippe Clément, Didier Vidal et Jacques Baillart pour la voix du juge de paix.
Calendrier :
- Mardi 25 septembre 2007 à 20h30 : La Motte Saint Jean (71 160)
- Mercredi 26 septembre 2007 à 20h30 : Les Guerreaux (71 160)
- Jeudi 27 septembre 2007 à 20h30 : Varenne Saint Germain (71 600)
- Vendredi 28 septembre 2007 à 20h30 : Coulanges (03 470)
- Mardi 2 octobre 2007 à 20h30 : Digoin (71 160)
- Mercredi 3 octobre 2007 à 20h30 : Molinet (03 510)
- Jeudi 4 octobre 2007 à 20h30 : Saint Agnan (71 160)
- Vendredi 5 octobre 2007 à 20h30 : Chassenard (03510)
Pour de plus amples renseignements :
Théâtre de l’Iris
331 rue Francis de Pressensé
69100 Villeurbanne
Tél. : 04 78 68 86 49
Site web : www.theatredeliris.fr
courriel : information@theatredeliris.fr
Consulter le dossier de presse du spectacle (format pdf) sur le site Maupassantiana dans la section Adaptations théâtrales.

M… comme Maupassant
Le 23 septembre 2007 à 18 heures, Louise Colimard dira quatre nouvelles de Maupassant au bar Le Théranga, lors d’un spectacle intitulé M… comme Maupassant. Il s’agit de « Clair de lune », « Le Vagabond », « Jour de fête » et « Rose ».
Le Théranga (capacité 40 places)
20, rue des Dames
75017 Paris
Durée : 45 minutes
Libre participation (au chapeau).
Pour tout renseignement, consulter les sites suivants :
http://spectable.com/mcomme-maupassant/d_20183.php
http://aufildesmots1.free.fr/
http://www.billetreduc.com/15515/evt.htm

Chez Maupassant, 2e série
Selon le quotidien gratuit 20 minutes, les huit téléfilms de la nouvelle série « Chez Maupassant », disponibles en 2008 seulement, s’arrachent déjà à l’étranger sur catalogue. Claude Chabrol réalise Le Petit Fût en Normandie avec Tsilla Chelton et François Berléand ; Denis Malleval tourne l’adaptation du « Rosier de Madame Husson » avec Marie-Anne Chazel ; Olivier Schatzky s’est occupé de la nouvelle version de Aux champs avec des comédiens amateurs et l’acteur Bernard Blancan qui livre ses impressions de tournage sur son blog : Blancan, journal d’un comédien. Le site Infos-Routot nous apprend qu’un habitant de Routot en Normandie, âgé de dix ans, a été choisi pour interpréter le rôle de l’aîné Tuvache. Christophe Hondelatte sera un journaliste dans La Chambre 11. François Vincentelli sera dirigé par Jacques Santamaria. Consultez les articles des journaux (20 minutes, Le Figaro) et magazines de télévision (Télé deux semaines) en ligne ainsi que le site de Bernard Blancan :
http://www.20minutes.fr/article/179240/Media-La-fiction-francaise-s-ouvre-a-l-international.php
http://www.lefigaro.fr/culture/20070905.FIG000000151_un_viager_tres_convoite.html
http://infos-routot.blog4ever.com/blog/lirarticle-106354-416981.html
http://www.tele-2-semaines.fr/contenu_editorial/pages/echos-tv/718-derniere-saison-de-faites-entrer-l-accuse-pour-christophe-hondelatte
http://www.programme-tv.net/actus-tv/286/christophe-hondelatte-chansons-basque-france-2.html
http://www.blancan.org/liste-article-blog.php

Conférences sur Maupassant
- Mercredi 26 septembre 2007, à 13h45, le colonel Gérard Bieuville, chargé de mission au musée de l’armée, donnera une conférence intitulée « Le militaire dans l’œuvre de Maupassant », dans le Grand Salon des Invalides.
Durée : 1h30.
L’entrée est gratuite dans la limite des places disponibles.
Pour tout renseignement :
Tél. : 01.44.42.51.73
Courriel : histoire-ma@invalides.org
Consulter le programme sur le site du Musée de l’Armée :
http://www.invalides.org/pages/program.html

- Le vendredi 5 octobre 2007, vers 11h, lors du colloque Le Sang, la violence et la mort chez Stendhal, Mérimée et les romantiques, organisé par Stendhal aujourd’hui et HB, revue des études stendhaliennes, Marie Makropoulou interviendra sur « Maupassant, La Vie errante ou la prescience d’une mort heureuse ». Le colloque se tiendra à l’INHA, salle Giorgio Vassari.
INHA
2 rue Vivienne
75002 Paris


Maupassant dans l'enseignement secondaire
Comptoir littéraire
André Durand, professeur de lettres à la retraite, met à la disposition des internautes, sur son site Comptoir littéraire, des documents pédagogiques sur la littérature. On trouvera notamment des fichiers Word relatifs à Bel-Ami (122 Ko), « Boule de suif » (50,5 Ko), « La Chevelure » (34,5 Ko), Le Horla (54 Ko), Pierre et Jean (91,5 Ko) et une approche plus générale sur Maupassant (674 Ko).
http://www.comptoirlitteraire.com


Boule de Surf, Maupassant sur le Web
« Un coup de soleil »
La poésie de Maupassant apparaît beaucoup sur les sites personnels. Ainsi Récits curieux & Poésies, blog de Christian-Jean Collard, livre-t-il en date d’août 2007 le poème de Maupassant « Un coup de soleil », publié le 20 juin 1876.
http://vincentnicolet.typepad.com/rcits_curieux_posies/2007/08/un-coup-de-sole.html

Maupassant dans La désencyclopédie
Une anti encyclopédie ou une Wikipédia à l’envers ? La désencyclopédie est écrite « par des singes savants » préviennent d’emblée les auteurs de ce site loufoque. L’article parodique « Maupassant » n’est pas inintéressant car il prend appui sur des idées reçues (auteur scolaire, etc.). On y apprend que Maupassant n’est pas un écrivain. « Quelles sont donc les œuvres de Guy qui ont fait lever notre majeur (d’où le nom « œuvres majeures », par ailleurs) ? ». Ainsi Pierre et Jean est-il « Recommandé pour stabiliser un meuble qui aurait perdu un pied ou pour s’endormir lors de nos pires crises d’insomnie. » Chaque œuvre en prend pour son grade. L’article s’achève par une condamnation sans appel : « Guy de Maupassant est à l’origine de maux ne passant pas. Non, vraiment, ces maux sont trop lourds. Personne ne sort indemne d’une lecture de Guy. » Curiosité à prendre au second degré.
http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Guy_de_Maupassant

La BDFI
Le site BDFI (Base de Données Francophone de l’Imaginaire) créé par Christian Moulin et Gilles Richardot constitue un outil précieux pour tous les passionnés des littératures apparentées à la Science-Fiction, à la Fantasy, au merveilleux, au fantastique, à l’horreur et à l’étrange. Il comporte de nombreuses ressources (portail web des éditeurs, index des noms d’auteurs, prix littéraires…) et un forum très actif. Surtout, il livre une importante bibliographie des écrits de l’imaginaire classés par auteur, préfacier, collection, et recense les études (ouvrages) consacrés à ces genres. Les deux webmasters dépouillent régulièrement les collections et les anthologies. La page Maupassant est déjà bien fournie. Nous vous invitons à la consulter.
http://www.bdfi.net
http://www.bdfi.net/auteurs/m/maupassant_guy_de.htm

Nouveautés sur le site espagnol Guy de Maupassant
José Manuel Ramos, Webmaster du site espagnol « Guy de Maupassant », a récemment mis en ligne plusieurs articles français traduits en espagnol, ainsi qu’une étude inédite due à l’auteur du site et intitulée La Ecuaçion Maupassant [L’Equation Maupassant] (631,19 Kb), et le roman de Philippe Madral, Guy de Maupassant (976,29 Kb) qui inspira le scénario du film de Michel Drach. Tous ces documents sont téléchargeables au format pdf.
http://www.iesxunqueira1.com/maupassant/Libros/ecuacion.pdf
http://www.iesxunqueira1.com/maupassant/Libros/Madral_Maupassant.pdf

Nouveautés sur Maupassantiana
Le site Maupassantiana est désormais opérationnel. Nous vous invitons à consulter les pages consacrées aux caricatures de l’écrivain, bientôt enrichies, aux pastiches, et à la fortune littéraire.
Les fiches Théâtre et Cinéma sont en chantier permanent, les œuvres maupassantiennes ayant fait l’objet de nombreuses adaptations. La section Biographie comportera une chronologie illustrée avant Noël. D’ici là, la Bibliographie rétrospective sera régulièrement complétée et des références récentes insérées. Merci aux internautes qui nous ont signalé des œuvres portant trace de Maupassant.
Nous avons récemment pu constater le regain d’intérêt suscité par l’auteur auprès du jeune public. Plusieurs inscriptions à la revue (étudiants, chercheurs, enseignants) ont eu lieu depuis août et, si le nombre d’abonnés ne bouge pas – en raison de la suppression de la liste de diffusion de courriels obsolètes –, l’éventail géographique s’agrandit. Ainsi la Syrie est-elle venue s’ajouter aux 37 pays déjà représentés. Rappelons que la revue est archivée en ligne quinze jours après son envoi et qu’il est donc possible de signaler des erreurs qui seront corrigées sur la version html.


Histoire du vieux temps
Dans une lettre de 1875 à en-tête du Ministère de la Marine et des Colonies envoyée à sa mère, Maupassant évoque la chaleur de Paris.
« Ce mardi 14 septembre [1875]

     Hier soir en sortant de mon bureau j’ai rencontré Gauthier rue du Havre. Il allait prendre le train de Chatou. J’ai vu le soir Joinville et Léon Fontaine.
     Paris est vide, vide, vide. Je n’ai pas rencontré un homme ayant l’air d’être entré une fois dans un salon, même pour y passer des rafraîchissements. Je suis sûr qu’il n’y a pas dix individus en même temps rue Royale et encore ils ont tous des blouses. Jamais je n’avais vu un désert pareil. Cela est singulier. Le silence et le calme étrange de cette grande ville ordinairement si bruyante, ont quelque chose d’impressionnant, on croirait que la peste a passé par là et emporté les habitants. La chaleur est très grande. J’ai 26° dans mon bureau.
     Adieu, ma chère mère. Je t’embrasse de tout cœur, ainsi qu’Hervé, bien des choses à tout le monde. Écris-moi vite.
     Comment va ta tête ?
     Ton fils,

GUY DE MAUPASSANT »

(Lettre n°44, du 13 septembre 1875, Correspondance, éd. Jacques Suffel, Evreux, Le Cercle du bibliophile, 1973, t. I, p.84)


En lisant
- Frank Harris, « Souvenirs sur Guy de Maupassant », dans Ma vie et mes amours, traduit de l’anglais par Madeleine Vernon et Henry-D. Davray, Paris, Gallimard, 1960, p.331-332.
     En 1890, sa maîtresse constate en lui un profond changement :
     Tout d’abord il se plaignit d’une sorte d’hallucination olfactive qui, disait-il, persistait en lui d’une manière implacable... Cette sensibilité du sens olfactif commença de se transformer en une véritable obsession.
     « Ce n’étaient pas les odeurs présentes qui le bouleversaient, mais celles qu’il avait senties et remarquées autrefois... Et toutes ces réminiscences de parfums amenaient en lui un cortège d’autres souvenirs lointains qui le hantaient. Et, plus il avançait en âge, me déclara-t-il, plus ses souvenirs remontaient à une époque éloignée. Les pensées qu’il avait eues et les sentiments qu’il avait éprouvés dans son enfance lui revenaient sans cesse à l’esprit en un tourbillon d’impressions fortes et confuses. Et ces moments vécus qu’il revivait par la pensée le plongeaient, se plaignait-il, dans un monde irréel, peuplé de regrets du passé et de craintes de l’avenir. »
     En août, il implore la présence de sa maîtresse à Nice :
     « Ne m’écrivez pas, mais venez...
     « J’ai tant besoin de vous en ce moment. Je me sens troublé par des idées si bizarres, oppressé par une angoisse si mystérieuse et agité par des sensations si confuses, que j’ai envie de crier : « Au secours ! » quand je ne vous ai plus. Et voici trois jours que je n’ai pas baisé vos mains, vos belles mains.
     « Venez...
     « Figurez-vous que, depuis quelques jours, je ne vis plus que des parcelles de mon existence d’autrefois. Des souvenirs surgissent en moi... incessants, lointains, et si rapides que je n’ai pas le temps de les saisir. Il me semble que je fais tout éveillé le rêve de mon passé. Et c’est comme si, ce passé, après s’être élevé très haut, retombait maintenant en pluie sur mon cœur, en une pluie de sons, d’images et de parfums de jadis, en un émiettement d’événements disparus.
     « Et il m’énerve jusqu’à la douleur, il m’exalte jusqu’à l’affolement, ce bourdonnement confus des jours finis ; et, sous ce tas de choses mortes puis reparues..., je suis comme une de ces pauvres larves que le fourmilion guette au fond de son entonnoir et qui, aveuglées, étourdies sous les décharges de sable que leur lance coup sur coup leur ennemi, glissent, dégringolent jusqu’au bas de sa tanière, de sa terrible tanière...
     « Et je vous attends avec impatience, mon amie tendre et belle. J’ai tant besoin de savoir que vous m’aimez encore. Votre présence me rendra à la vie, car votre voix est la seule qui puisse faire taire en moi les cloches du passé.
     « Je baise vos pieds pour qu’ils vous portent vers moi sans retard... »
     Ce fut cet appel, ce cri de détresse ultime qui détermina la dernière et fatale visite.
     Elle vint donc ; et ce jour-là, d’une voix douce, mais si monotone, la tête sur l’épaule de sa bien-aimée, il essaya de lui décrire ce qu’il éprouvait.
     « J’ai l’âme lourde et l’esprit tourmenté. Parfois il me semble que je ne vis pas en réalité, mais je rêve de choses confuses et connues, pourtant. Je revois avec une netteté extraordinaire les endroits où je jouais, les rues où je marchais, le lit où je dormais étant enfant. J’entends les voix que j’entendais alors, et je repense jusqu’aux pensées vagues et naïves qui roulaient dans mon cerveau. Et la réalité m’échappe, s’enfuit, se disperse devant ces fantômes de mon passé...
     « Me comprenez-vous ? la réalité m’échappe. C’est-à-dire que la vie elle-même me quitte. J’ai comme le pressentiment d’une fin prochaine et inattendue. On dit que celui qui est près de mourir revoit en l’éclair d’une seconde tout son passé, dans tous ses détails... Eh bien! il en est de même pour moi : car, qu’est-ce que tous ces souvenirs imprévus et tenaces des jours vécus, sinon autant de regrets que j’éprouve pour un temps qui fut et qui ne sera plus jamais ? Et j’essaie de m’imaginer avec une curiosité maladive le genre de mort qui m’attend, je voudrais savoir, deviner, prévoir comment je mourrai. »

(La suite dans le prochain numéro de Maupassantiana)

- Grace Metalious, Peyton Place [1956], traduit de l’américain par Jean Muray, Paris, J’ai lu n°849, 1978, t. I, p.85-86.
Dans une petite ville américaine de la Nouvelle-Angleterre nommée Peyton Place, Allison Mackensie, treize ans, se réfugie dans les livres pour oublier son quotidien terne.
     « Mais ce n'était pas la saison qui pesait sur elle du poids le plus lourd. Elle eût été incapable de dire ce qu'elle avait. Elle se sentait envahie par une impatience et une nervosité vagues que rien ne pouvait réduire. Chaque jour, après l'école, elle se mit à passer des heures assise devant la cheminée du salon, un livre ouvert dans ses mains. Il lui arrivait de ne pas pouvoir lire et de demeurer les yeux fixés sur les flammes. Quelquefois pourtant, elle était prise d'une fringale de lecture : Elle dévorait littéralement les mots qu'elle lisait. Dans le grenier, elle découvrit une caisse pleine de vieux livres. Parmi ces livres, il y avait deux recueils de nouvelles de Maupassant. Certaines lui semblèrent incompréhensibles. D'autres la faisaient pleurer. Elle n'eut aucune sympathie pour Miss Harriet. Mais elle versa des larmes sur les deux malheureux qui durent travailler si longtemps pour acheter une autre rivière de diamants, dans le conte intitulé La Parure. Allison lisait tout ce qui lui tombait sous la main. Elle passa sans hésitation de Maupassant à James Hilton. Elle lut Au revoir, M. Chips, et elle pleura pendant une heure dans l'obscurité de sa chambre […]. »


Qui sait ?
Dans un récent article du Magazine littéraire, était évoquée l’influence de Notre cœur sur le roman de Knut Hamsum intitulé Pan. Qui connaîtrait cette œuvre ayant, selon le journaliste, surpassé son modèle ?

(Réponse à la revue qui transmettra)


Noëlle BENHAMOU

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